De nombreuses mesures du plan de rigueur annoncé par le gouvernement vont toucher de plein fouet locataires et propriétaires.
« En matière d’immobilier et de logement, le gouvernement a tranché à la hache ». Dans un article daté du 8 novembre, Les Échos résument bien l’opinion générale. En effet, explique le quotidien économique, « les aides à l’investissement locatif disparaîtront en janvier 2013. Le PTZ+ est supprimé dans l’ancien dès l’an prochain ». Interrogé par L’Expansion, Patrick Liébus, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), « regrette également la diminution de 20 % [… du] crédit d’impôt développement durable [et] le relèvement de 5,5 % à 7 % de la TVA sur les travaux de rénovation. » Par delà cette simple énumération des mesures annoncées la semaine dernière, journaux et professionnels s’interrogent déjà sur les effets à venir de ce nouveau tour de vis.
Effets à mesurer
Dans Le Figaro du 12 novembre, Jean-François Buet, Secrétaire général de la FNAIM, s’inquiète en particulier des répercussions de la suppression du PTZ+ dans l’ancien : « Cette mesure offrait aux familles les plus fragiles une voie vers l’accession à la propriété. Sa fin est un mauvais signal ». La suppression annoncée du Scellier, raboté à 13 % en 2012, inquiète tout autant Didier Ridoret, Président de la Fédération du Bâtiment, interrogé par Les Échos : « Les aides à l’investissement locatif représentent, selon les années, entre la moitié et les deux tiers des ventes de logements neufs des promoteurs. On risque de perdre 60.000 ventes de logements donc environ 30.000 emplois dans le BTP ». La Tribune cite toutefois des propos moins alarmistes, tenus par les courtiers en crédit : « L’avantage de ces mesures [...] c’est qu’elles sont de nature à rassurer les marchés et à préserver des taux de crédit bas pour cette fin d’année ».
Crédit grippé
Il le faudra. Conséquence de la crise, le montant des crédits immobiliers accordés en 2011 devrait en effet fortement chuter par rapport à l’an dernier. C’est ce que révèle une étude de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, relayée par 20 minutes dans son édition en ligne du 10 novembre. « Le montant des crédits immobiliers accordés par les banques devrait s’élever à 155 milliards d’euros en 2011, soit une baisse de 8 % par rapport à 2010 (168,8 milliards), année proche du record absolu de 2007 (170,2 milliards) ». Principale raison invoquée : une diminution de la demande. « C’est un résultat positif pour cette année, souligne pourtant sur le site de L’Express Patrick Lepescheux, Directeur général délégué de Crédit Logement, car 2010 avait été une année dopée par les rachats de prêts ». Selon les spécialistes, la baisse des crédits accordés devrait s’amplifier en 2012 avec une chute de 16% par rapport à 2010, pour revenir aux alentours de 130 milliards, légèrement au-dessus des chiffres de 2009 (120 milliards).
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