Pour la première fois depuis le début de la crise économique, le nombre de transactions et les prix des logements anciens baissent en France. Une tendance qui pourrait se poursuivre en 2012, selon une enquête de l'AFP auprès des principaux réseaux immobiliers.
Les ventes de logements anciens ont baissé en France de "11% entre les 3es trimestres de 2010 et 2011" et les prix ont diminué "de 2,7% entre le 1er semestre et le 3e trimestre 2011", a indiqué le président d'un des principaux réseaux d'agences immobilières. Seul Paris, en raison d'une demande toujours beaucoup plus forte que l'offre, voit ses prix continuer à progresser pour atteindre un nouveau record de 8.556 eurs/m2 au 3e trimestre. Mais les notaires parisiens ont estimé en septembre que le prix des logements anciens dans la capitale devrait prochainement se stabiliser, voire légèrement baisser.
En province, sept régions ont enregistré une chute des prix au 3e trimestre : Bourgogne (-9,7%), Centre (-5,5%), Lorraine (-4,4%), Provence-Alpes-Côte d'Azur (-3,7%), Basse-Normandie (-3%), Nord-Pas-de-Calais-Picardie (-3,4%), Champagne-Ardenne (-1,3%). Pour le Président du réseau d'agence immobilière, l'explication principale réside dans le fait que "le fil de la solvabilité des primo-accédants, qui n'ont plus les moyens d'acheter, est rompu".
2 à 3 ans de baisse en prévision
Une baisse des transactions et des prix confirmée par une autre source. "La hausse des taux des crédits immobiliers et l'élection présidentielle devraient entraîner une baisse globale des marchés en 2012", affirme t'elle. Mais, a contrario des autres organismes du secteur, la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier) fait état d'une hausse de 7% au 3e trimestre par rapport au trimestre correspondant de 2010 et de 1% par rapport au 2e trimestre.
Pour Nicolas Jacquet, président exécutif d'Urbania, le prochain alourdissement de la taxe sur les plus-values sur les ventes de logements locatifs et de résidences secondaires, au 1er février 2012, a entraîné un "accroissement significatif du nombre de mandats de vente dans les agences". A partir de 2012, on peut "s'attendre pendant 2 ou 3 ans à une baisse du nombre de transactions car un certain nombre de personnes qui n'auront pas conclus retireront leurs logements de la vente", ajoute-t-il.
Un secteur se frotte toutefois les mains pour le moment: celui de l'immobilier de luxe. "Nous enregistrons un accroissement de 20% du nombre des mandats car il faut que les promesses de vente soient signées avant le 15 novembre pour être sûrs que les actes définitifs puissent être enregistrés chez les notaires avant le 1er février", confie Charles-Marie Jottras, président du conseil en immobilier Daniel Féau. "Les biens hors normes n'ont connu aucun ralentissement de la demande, bien au contraire. La catégorie de biens de qualité, d'une valeur supérieure à 1 million d'euros, n'a pas souffert non plus dans la capitale et les stations de mer ou de montagne à la mode", affirme le réseau Barnes dans un communiqué.
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